Le diesel émet-il plus de rejets que l’essence ?

Depuis plusieurs années, le diesel est en déclin dans les statistiques de ventes. Un désamour du public entretenu par un flou artistique autour de la pollution qu’il génèrerait et de la crainte d’une utilisation proscrite par de futures législations. Mais qu’en est-il en réalité ?

Il n’est pas rare d’entendre dans les médias et les discours officiels que le diesel est un important émetteur de particules fines, et qu’il doit à ce titre être banni de nos centres urbains pour le bien de la santé de tous. Les nombreuses LEZ de notre pays sont d’ailleurs considérablement plus restrictives avec les motorisations diesel qu’avec leurs homologues à essence. La réalité est pourtant bien plus complexe.

Que sont les « particules fines » ?

On en entend beaucoup parler, mais que sont donc réellement ces particules fines ? Ce sont en fait des résidus imbrûlés qui sont rejetés par les gaz d’échappement, par l’usure des plaquettes de freins ou des pneus. Inhalées à forte doses, celles-ci sont potentiellement dangereuses pour la santé, provoquant des maladies respiratoires.

On parle de particules fines lorsque ces rejets mesurent moins de 10 µm (microns), et de particules ultrafines lorsque leur taille est inférieure à 2,5 µm. Ces dernières sont les plus dangereuses car ce sont elles qui s’enfoncent le plus profondément dans les poumons lorsque nous respirons.

Le diesel en produit-il vraiment plus ?

Moins raffiné que l’essence et nécessitant plus d’air pour fonctionner, le moteur diesel génère plus de réactions chimiques génératrices de particules fines. C’était en tout cas le cas jusqu’au début des années 2000. Mais depuis plusieurs années, les moteurs diesel de dernière génération sont équipés d’un filtre à particules, permettant de retenir ces particules fines et ultrafines dans leur quasi-totalité. Celles-ci sont ensuite stockées et rebrûlées à haute température. Aujourd’hui, les meilleurs filtres à particules comme le filtre à particules additivé Peugeot permettent d’éliminer jusqu’à 99,9% de ces particules. Ce dispositif peut être complété d’un système SCR (Selective Catalytic Reduction) pour ramener les niveaux de NOx (oxydes et monoxyde d’azote, très nocifs) à des niveaux similaires à ceux d’un moteur essence.

Et le CO2 ?

Le moteur diesel conserve aussi un avantage certain en matière de rejets de CO2. Sa consommation réduite en carburant produit logiquement moins de gaz à effets de serre que son homologue à essence.

Conclusion

Les moteurs diesel de dernière génération, répondant aux normes EURO6, sont donc aussi propres que les moteurs à essence ! Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les normes les plus strictes mises en place dans les LEZ (zones à faibles émissions) leur garantissent un accès aux centres-villes au-delà de 2025. Il est toutefois important de les utiliser à bon escient (kilométrage annuel élevé et longs trajets) pour permettre à l’ensemble des systèmes de fonctionner de manière optimale.

Articles correspondants