Quelle est la motorisation la moins chère à l’usage ?

Si l’on tient souvent compte du prix d’achat d’un véhicule et de sa consommation en carburant comme critères de choix, on prend moins souvent en compte son coût réel à l’usage. Et il peut y avoir des surprises !

Pour définir le coût réel d’une voiture à l’usage, plusieurs paramètres sont à prendre en compte : la consommation normalisée aux cent kilomètres, le coût du litre de carburant, la fiscalité, ainsi que le coût de la maintenance.

Avantage au diesel ?

Partant de ce calcul, le moteur diesel semble à première vue prendre l’avantage par rapport à son homologue à essence ou hybride : sa consommation est inférieure à puissance équivalente, et le litre de carburant à la pompe est en général assez proche de celui d’un litre d’essence. Le diesel s’avère donc le meilleur choix pour ceux qui roulent beaucoup, la différence en sa faveur s’accentuant au fil des kilomètres parcourus. Mais attention pour cela à bien respecter un usage adéquat, en parcourant notamment des distances suffisantes pour permettre au moteur d’atteindre ses températures de fonctionnement optimales. Sans cela, les économies réalisées à la pompe pourraient bien passer à l’atelier, d’autant que par les technologies auxquelles il recourt (Filtre à particules, SCR), le moteur diesel est souvent un peu plus cher à entretenir qu’un moteur à essence. En outre, la fiscalité n’est pas toujours en sa faveur, surtout en Wallonie et à Bruxelles, où la cylindrée supérieure (à puissance équivalente) pèse dans le budget total. En résumé : oui, le moteur diesel peut s’avérer plus économique à l’usage que le moteur à essence, mais il faut tenir compte de tous les paramètres pour définir si le surcoût à l’achat peut être rapidement rentabilisé.

CNG, hydrogène…

Les carburants alternatifs peuvent s’avérer intéressants sur le plan financier. Notamment le CNG, qui profite des bienfaits fiscaux du moteur essence, et d’un prix au kg intéressant à la pompe (autour d’1€). Mais lui aussi réclame un surcoût important à l’achat, qui ne sera amorti que par les gros rouleurs, et le réseau de distribution peu étoffé reste un frein majeur. Il en va de même pour l’hydrogène, qui ne compte pour l’instant que deux points de ravitaillement en Belgique. Si les 50€ environ par plein (10€/kg au bas mot) rendent les voitures utilisant une pile à combustible compétitives face aux voitures à essence, leur prix d’achat prohibitif les rendent impossibles à rentabiliser.

Et le champion est…

Avec un coût moyen du kW approchant des 0,28€ (06-2019), rouler à l’électricité, est-ce vraiment rentable ? Si l’on s’en tient au seul coût du « carburant », cela coûterait donc 14€ pour recharger entièrement une batterie de 50 kWh. Une telle batterie, de dimension moyenne pour les voitures électriques modernes comme le nouveau Peugeot e-2008, permet de parcourir plus de 300 kilomètres (Cycle WLTP). Le coût aux 100 km est donc imbattable : moins de 5€ ! De plus, un moteur électrique nécessite moins d’entretien, et génère donc moins de coûts de maintenance. Et puisque les voitures électriques profitent de fiscalités avantageuses en Flandre, comme à Bruxelles ou en Wallonie, elles sont les championnes des économies à l’usage.

Attention toutefois à ne pas abuser des stations de charge publiques payantes, qui peuvent considérablement alourdir la facture.

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